Voici mon tout premier OS sur Bill et Tomi... je suis donc une novice dans ce domaine-là ^^
Bonne lecture et dites-moi ce que vous en pensez!Zik conseillée :
ici ______________________________________________________________________________
Bip. Bip. Bip. Bip. Bip. Bip. Bip. Bip.
Le bruit de la pluie battante contre la fenêtre me sort de mon sommeil. J'ouvre un ½il, puis le deuxième. Mon regard endormi se pose tout autour de moi, et je me rappelle lentement où je suis.
Des murs blancs. Un plafond blanc. Une porte blanche. Un lit blanc.
Et ce silence. Un silence blanc.
Silence perturbé uniquement par les 'bip' incessants émanant de la machine qui maintient mon jumeau en vie.
Six mois.
Ça va faire six mois que Bill est dans le coma.
Six mois que ce putain d'accident s'est produit.
Six mois que je ne vis plus.
Car ma vie, c'est lui. Ça a toujours été lui. Et ce sera toujours lui.
Bill et moi, c'est une longue histoire.
Notre histoire. Une histoire qui dure depuis bientôt dix-huit ans.
C'est une histoire de jumeaux, de deux âmes s½urs, de deux personnes qui s'aiment. Nous avons une relation complexe que peu de gens perçoivent ou comprennent. Moi-même parfois, j'ai du mal à l'expliquer, mais c'est comme ça. Bill et moi, moi et Bill. Nous deux, quoi. Je l'aime, et il m'aime. On se comprend comme personne d'autre; personne d'autre ne peut nous comprendre comme nous nous comprenons. Un seul regard suffit. Je sens quand il va mal, il sent quand je suis heureux. Nos émotions, nous les partageons.
Et quelque part, je sais que nos âmes sont reliées. Comme si, lors de notre création, nous ne faisions qu'un, et que la nature nous a séparés. Voilà pourquoi nous ne pouvons pas nous passer l'un de l'autre.
Et voilà pourquoi depuis six mois, je ne vis plus : parce que Bill ne vit plus. Ou presque. Il est maintenu en vie artificiellement, comme nous l'a expliqué le médecin. Et aucun moyen de savoir s'il se réveillera un jour. Ils lui donnent neuf mois tout au plus. Après, il n'y aura plus aucun espoir.
Putain de vie. Putain de destin.
Putain de vie de célébrité de fou, aussi. La rançon de la gloire. Et c'est à cause de ça que j'ai perdu Bill.
Lui qui était – NON, qui est – tellement ouvert, tellement généreux envers les gens et particulièrement nos fans. Il n'y voyait que du bonheur.
Mais il n'a pas vu ce détraqué. Il n'a pas vu le revolver. Il n'a pas compris en entendant le coup de feu. Quand il s'est écroulé, grièvement blessé, il n'a pas compris.
Voilà. Ça fait six mois.
Je ne suis que l'ombre de moi-même depuis ce jour maudit. Je ne mange plus, je dors peu et très mal. Il faut dire que je n'ai pas dormi dans un vrai lit depuis une éternité. Depuis que Bill est à l'hôpital, je n'ai pratiquement pas quitté son chevet. Je vis dans sa chambre, à ses côtés. Je voulais être là à son réveil. Je le veux toujours.
Maman et les médecins m'ont presque forcé à rentrer à la maison pour me reposer. J'ai refusé. Je ne veux pas le laisser, pas une seconde. Ils n'ont pas insisté.
Gustav et Georg comprennent parfaitement; depuis le temps que nous sommes amis, ils ont compris quel lien unissait mon jumeau et moi. Ils viennent régulièrement nous voir pour parler à Bill. Les médecins nous ont dit de lui parler le plus souvent possible; ça peut stimuler son cerveau et peut-être aider à le réveiller.
Nos deux amis lui parlent de tout et de rien : leur vie, ce qui se passe dans le monde, des blagues aussi. Ils ne parlent pas du groupe; celui-ci s'est éteint depuis, car sans Bill il n'est plus rien. Nos fans nous attendent, attendent un miracle, et prient pour Bill.
Maman aussi passe très souvent. Elle a du mal à garder le moral ces derniers temps. J'ai peur qu'elle commence à perdre espoir. Je m'en fous. Je garderai espoir pour deux alors. Pour tout le monde s'il le faut.
Toutes ces pensées me traversent l'esprit pendant que je regarde par la fenêtre. La pluie fait rage dehors, et le tonnerre gronde au loin. Quelques éclairs zèbrent le ciel noir. Le temps semble s'être ajusté à mon état d'esprit... tant mieux. Bill est mon soleil. Sans Bill, pas de soleil. Il n'a pas le droit de faire beau sans Bill.
Je regarde ma montre : 6 heures du matin. Je baille, me frotte les yeux. Puis mon regard se dirige vers mon frère. Je me lève doucement de mon fauteuil pour m'approcher de lui.
Toujours ce bruit monotone.
Bip. Bip. Bip. Bip. Bip.
C'est son c½ur qui bat. Artificiellement, mais il bat, c'est tout ce qui importe pour le moment.
Je regarde son visage, pâle comme la lune. Pas la moindre expression. Son sourire me manque. Ses grimaces, ses moues. Ses yeux étincelants. Tout.
Ses cheveux ébène entourent son visage angélique. Mon ange.
Je pose délicatement la main sur sa joue glacée, lui qui d'habitude a la peau si chaude.
Je m'installe sur une chaise près de son lit, et je le regarde. Je le regarde encore et encore.
Et je pleure.
Je ne suis pas du genre à pleurer. Mais sans Bill, comment ne pas pleurer? On m'a arraché une partie de mon c½ur, de mon âme, de moi-même. J'ai perdu ma moitié. Et je sais que si jamais je le perds, je ne pourrai pas continuer à vivre.
Comment vivre sans lui, puisqu'il
est ma vie? Mon double, mon frère, mon jumeau. Mon tout.
Mes sanglots s'apaisent, et je me mets à parler doucement.
"Bonjour, toi. Comment ça va depuis hier? T'as pas changé on dirait." Je rigole en reniflant.
"Oui je sais, blague minable. Tu m'étonnes, j'ai encore fait un cauchemar, j'ai super mal dormi, alors t'attends pas à ce que je sorte de belles phrases philosophiques."
Bip. Bip. Bip. Bip.
"Tu sais quoi? Gus et Georg sont passés cette nuit. Ils avaient du mal à dormir eux aussi. On a joué au cartes, j'ai gagné comme d'habitude... ils t'ont raconté des blagues pas drôles, comme d'habitude. Tu les connais, hein. Bref, ils sont repartis vers 4 heures. Ça veut dire que j'ai dormi 2 heures, super. Bon, on s'en fout."
Je commence à jouer avec mes dreads, je ne sais plus quoi dire. J'en ai marre.
Et je vais le lui dire.
"Bill, j'en ai marre. Tu me fais quoi, là? Pourquoi tu ne te réveilles pas? Hein? Comment t'as pu me laisser tout seul? On est jumeaux, on est censés être ensemble pour toujours, tu te rappelles?! Je ne suis rien sans toi. Tu ne peux pas rester comme ça, putain! Réveilles-toi!!"
Je finis ma phrase en hurlant presque. J'espère peut-être que ça produira un effet.
Les larmes me remontent aux yeux, j'ai une boule qui se forme dans ma gorge. Je baisse la tête et l'enfouis dans mes mains.
Je suis fatigué. Ereinté. Usé par l'attente, la tristesse, le désespoir, la dépression. Il me manque trop. Je l'aime trop. Ça me fait peur tellement c'est fort.
Sans m'en rendre compte, je sombre à nouveau dans un sommeil profond et agité.
**
Bip. Bip. Bip. Bipbipbipbipbipbiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii....
"Docteur, venez vite! C'est une urgence!"
Je me réveille en sursaut. Une infirmière appelle le médecin par la porte en criant.
Je me tourne brusquement vers la machine. C'est quoi ce bruit? Les 'bip' ont disparu, à présent on entend un long bruit strident et aigu.
Je panique. Je me lève et je m'approche de Bill. Il est toujours immobile, mais beaucoup plus pâle qu'avant.
Le médecin entre en trombe dans la chambre et se dirige vers nous. Deux infirmières le rejoignent et commencent à vérifier le moniteur.
Je suis toujours là, perdu. Personne ne me parle, j'aurais tout aussi bien pu être invisible.
"Mais... Il se passe quoi là ??" Je hurle presque.
Le médecin me regarde sans rien dire. Il se penche sur Bill avec son stéthoscope. Il regarde le moniteur, puis les infirmières. Elles le regardent aussi.
Ras-le-bol.
"Bordel, mais vous allez me dire ce qui se passe avec mon frère ?!"
"Tom, calme-toi. Je suis désolé, mais je crains que nous sommes en train de le perdre."
Mon c½ur s'arrête.
Mon cerveau se bloque.
On m'arrache les entrailles, je n'arrive plus à respirer.
Ce n'est pas possible. Non. Il ne peut pas me laisser.
"Non!! Bill, tu peux pas me laisser! Je t'interdis de mourir, t'entends? Je te l'interdis!"
Le médecin ordonne aux infirmières d'aller chercher quelque chose, je ne comprends pas quoi. Je suis totalement fixé sur Bill. Mon Bill. Mon jumeau. Mon ange. Et je refuse qu'il parte pour être parmi ses semblables. Ce n'est pas son heure, putain de merde! Il a toute une vie qui l'attend, nous avons notre vie qui nous attend.
"On est censés mourir ensemble, tu te rappelles?" Je murmure dans un sanglot.
Le médecin sort soudainement de la chambre, appelé par une infirmière. Le bip strident se fait toujours entendre, me brisant encore un peu plus.
Son c½ur a lâché. Il a abandonné. Il n'a plus la force.
Je panique, je ne sais plus quoi faire. Je le regarde, et mon c½ur à moi saigne.
Je ne peux pas vivre sans lui, c'est tout simplement impossible.
Tout à coup, comme poussé par une force invisible, je m'approche de lui. Quelques millimètres séparent mon visage du sien. Je ferme les yeux, et tout doucement, je pose mes lèvres sur les siennes.
C'est un geste délicat et tendre, que je fais en tremblant d'émotion.
Ma bouche s'appuie un peu plus fortement sur la sienne, et je l'entrouvre par une légère pression.
Et là, alors que je l'embrasse, le temps s'arrête.
Et c'est comme si une partie de mon âme passait en lui.
Dans lui. Pour réparer son âme, son c½ur à lui. Comme pour lui dire de ne pas abandonner, de ne pas partir, parce que j'ai besoin de lui. J'ai besoin de nous.
Je sens mon âme passer à travers nos bouches scellées.
Lorsque je me détache enfin de lui, je tremble de partout. Des larmes troublent ma vision et je ne tiens plus sur mes jambes. Je m'effondre sur la chaise et je ferme les yeux, le c½ur toujours brisé.
Biiiiiiiiiiiiiiiiiipbip. Bip. Bip. Bip. Bip. Bip. Bip.
Je reçois un choc. J'ouvre les yeux. Je rêve, ou...?
Mon regard se dirige vers Bill. Il est toujours allongé dans son lit.
Sauf qu'il a les yeux ouverts, et qu'il me regarde.
"Tom..."
Un murmure presque inaudible. Un faible sourire.
Je pleure.
Mais cette fois, de bonheur.
FIN
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*attends vos comms avec appréhension* ^^